samedi 6 décembre 2008

Quiconque connaît Moreuil dans sa configuration actuelle peut difficilement se le représenter tel qu'il apparaissait au début de ce siècle. Ce n'était, à vrai dire, qu'un modeste village rural dominé par une intense activité agricole malgré la récente implantation des nouvel­les et envahissantes usines de bonneterie. De nombreuses fermes étaient disséminées sur le territoire et dans la campagne environnante. Les rues, caillouteuses et poussiéreuses, parsemées de « nids de poules » constamment rebouchés par quelques cantonniers indolents et aussi vite reformés, mal bordées de trottoirs en terre battue, étaient sillonnées en permanence par de lourds attelages de chariots ou de tombereaux chargés de récoltes ou de fourrage et tirés par de robustes chevaux percherons à la croupe rebondie, chassant à grands coups de queue les mouches qui les taqui­naient. Certains transports étaient encore attelés à des couples de boeufs liés par un gros joug de chêne autant, disait-on, que par une amitié si forte que, si l'un des boeufs mourait, l'autre ne tolérait pas de remplaçant et il fallait le sacrifier.

Avant les labours, l'acheminement et l'épandage du fumier se signalait par l'odeur intense qui se répandait sur les champs et dans tout le village.
Les jours de marché, à Moreuil, l'animation était à son comble ainsi que la circulation chaotique des divers véhicules hippomobiles qui amenaient les paysans des fermes ou villages voisins venant vendre des produits de leur culture ou des animaux de leur élevage, se croisant ou se dépassant sans règle bien précise avec les légères charrettes, les élégants phaétons ou les distingués « tonneaux » à l'habitacle rond (comme leur nom l'indique) où quatre passagers se font face, deux par deux. Tout ce monde, cheveux au vent et fouets claquants se rendant en joie au bourg pour y faire leurs achats ou rencontrer des amis. Ces jours là, le crottin de cheval dans les rues était plus abondant et les gamins, armés d'une brouette ou de vieux paniers, d'une pelle et d'une balayette se pressaient de le ramasser pour fumer le jardin familial.

Descendant des riches plaines du Santerre, les Villageois arrivaient par la rue du même nom, qui était justement la nôtre et je pouvais ainsi observer les allées et venues. Sur les bords des trottoirs, des anneaux étaient scellés pour y attacher les chevaux pendant que les passagers des voitures vaquaient à leurs occupations. Nombreux étaient ceux que je voyais fréquenter le magasin de ma mère ou celui de mes grands-parents en face,en sortant chargés de paniers pleins d'épiceries ou emportant diverses vanneries ou des sacs de graines.
Pendant que les hommes faisaient ces achats ou entraient à coté, au « Café des Quatre Coins » tenu par Madame Dubois, à l'angle de la rue Veuve Thibeauville, pour y boire quelque "canon" de vin en jouant au « piquet » ou à la « manille », les dames se rendaient de préférence au 8 de la rue du Santerre dans le magasin de tissu de Madame Maréchal pour y choisir l'étoffe qu'elles confieraient à Madame Douville, couturière, dont l'atelier était situé plus bas dans la mène rue, qui confectionnerait les vêtements.

C'est dans ce quartier que j'ai vécu mes premières années car Louise Carlier, ma mère, avait à peine 19 ans quand son père put acheter pour elle le fond de commerce de tissu de Madame Maréchal, ce qui lui permit d'y ajouter l'atelier de couture sans pour autant supprimer la vente des tissus, réalisant ainsi le projet qui lui tenait à coeur.

Madame Maréchal, son fonds vendu, se retira à Amiens avec son mari et ils y vécurent encore longtemps, restant liés d'amitié avec mes parents, leur rendant fréquemment visite et je les ai bien connus jusque dans leurs âges très avancés car cette amitié se perpétua jusqu'à leur mort alors que nos parents, Denise et moi, étions fixés à Saint-Just. Par contre, je ne sais ce que devint Madame Douville, la patronne d'apprentissage de notre mère Louise.

jeudi 4 décembre 2008

Pour dissemblables qu'ils soient, Alfred Carlier et son épouse formaient un ménage uni et la vie s'écoulait, paisible, pendant que grandissait la petite Louise. Derrière la maison, située rue Veuve Thibeauville, à Moreuil, un long jardin produisait la plupart des légumes nécessaires à la famille et quelques arbres fruitiers donnaient des fruits savoureux car, en ce temps là, l'air n'était pas pollué, Un grand verger, à Morisel, était planté de pommiers à cidre et chaque année, la récolte et le transport des pommes, le grugeage et le pressage, puis la mise en tonneaux du jus odorant donnaient lieu à des cérémonies rituelles auxquelles participaient amis et voisins. Chacun y allait de son aide et, pour finir, le restant du "pur jus" de l'an précédent, coulait à flots dans les verres, ce qui produisait une euphorie générale et les pas étaient plutôt mai assurés quand chacun retournait chez soi.

Quand je me rappelle tout ce que mes grands-parents faisaient au jardin, au verger et partout, les horaires prolongés de travail à l'usine, le long travail de raccommodage (car on faisait tout durer et je revois les reprises fignolées aux genoux des caleçons longs du grand'père...) quand je me rappelle, dis-je, que malgré cela , tous étaient gais, se réunissaient, faisaient, dans les moments de repos ou le dimanche, d'interminables parties de cartes, se promenaient avec les enfants dans la campagne, allaient parfois à la pêche, je me dis que le temps, pour nous, n'a plus la même valeur ou que, dans le rythme infernal de notre époque, nous ne savons plus utiliser les heures ni profiter du temps qui passe.

Alfred Carlier était un home tenace, courageux et persévérant. Il voulait sortir de sa condition de salarié et désirait que sa fille atteigne le même idéal. Bien que d'apparence bonasse, il avait un fort caractère et, quand il sortait de ses gonds, ses colères étaient mémora­bles mais aussi vite retombées car il était foncièrement bon.

Après avoir reçu une bonne instruction, Louise fut placée très tôt en apprentissage dans l'atelier de couture de Madame Douville au prix d'un grand sacrifice pour ses parents car, à l'époque, on devait payer la patronne pour qu'elle accepte de former les apprenties, ce qui semble impensable à présent, et était pourtant logique, (on paye bien les enseignants et les apprentis coûtent plus, en temps passé et en malfaçons à reprendre, qu'ils ne rapportent.) et donnait des résultats autrement meilleurs que les méthodes démagogiques actuelles.

Louise devint rapidement une des meilleures ouvrières. Malgré le travail pénible de la couturière et les nuits passées souvent pour terminer à temps un ouvrage, notre mère gardait un souvenir passionné de cette période de sa vie et elle nous contait comment le travail se faisait dans une ambiance d'amicale gaieté. Un certain humour était admis, même en usine, comme lorsque mon grand'père répondit malicieusement à son patron qui lui disait avoir acheté un piano pour sa fille que, coïncidence, il venait d'en acquérir un pour la sienne... Le patron fut fort étonné car un ouvrier, fut-il cadre, n'avait habituellement guère les moyens d'acheter un tel instrument qui coûtait une fortune et il ne savait pas que mon grand'père, qui riait dans sa moustache, parlait simplement, en guise de piano, d'une machine à coudre, première étape des grands projets en vue de l'établissement de Louise, ma mère!

Bientôt, Alfred, lui aussi, cessa d'être salarié et installa rue du Santerre un atelier de mécanique bonnetière et une forge lui permettant de travailler pour son propre compte pour toutes les entreprises de Moreuil qui le chargeraient de l'entretien et des réparations de leurs machines, ce qui était un échelon de gravi dans sa condition sociale. Cet atelier était situé à coté de l'épicerie-vannerie-graîneterie de mes grands parents Gardin et en face de l'atelier de couture et confection qui fut repris par ma mère, ce qui eut peut-être une influence sur la rencontre de mon père et de ma mère.
Quand Georges et Louise, mes parents, se marièrent, ils avaient déjà tous deux une expérience de la Vie, une situation établie, et un sens du travail qui leur promettait un avenir heureux. C'est sans doute cela qui leur a permis de surmonter guerres et maladies, avec deux destructions totales, de nous élever, ma soeur Denise et moi,, malgré les crises et les difficultés, et d'arriver néanmoins à un âge avancé.

Louise Carlier, à son mariage, à 21 ans, avait déjà prouvé son caractère entreprenant et dynamique. Quand elle naquit à Moreuil, ses parents ne devaient pas y être installés depuis bien longtemps. Alfred, son père, veuf d'un premier mariage, avait un garçon, Gabriel, lequel a dû, vraisemblablement, quitter tôt le foyer familial. Nous le retrouverons, bien des années plus tard, devenu père de Mado, la brodeuse bretonne, marraine de notre fils Roland.

Pour Louise et ses parents, Alfred et Marie, la vie, quoique correcte, était modeste dans ce foyer ouvrier. Si Alfred, ouvrier hautement qualifié, était, sans doute, bien payé, les dépenses étaient néanmoins réduites au strict nécessaire et c'est grâce aux économies ainsi réalisées que le ménage pu acheter sa maison, acquérir son indépendance, et assurer la situation de Louise.

Venu de Troyes, où les gens étaient travailleurs, mais bons vi­vants, Alfred possédait ces caractéristiques, poussées au plus degré dans la famille Carlier. D'assez forte corpulence, le verbe haut, une bonne figure d'honnête homme, un peu rougeaud, le poil tirant sur le roux,il avait une grosse moustache qu'il essorait de sa lèvre inférieure en mangeant la soupe traditionnelle. Un peu bedonnant quand je l'ai connu, il était toujours vêtu de velours à grosses côtes, gilet avec manches et dos en moleskine noire, pantalon large et bouffant muni d'une poche spéciale sur le coté d'où dépassait un mètre pliant en bois, patiné de la graisse des outils. Retenu par d'épaisses et larges bretelles grises, ce pantalon, incomplètement boutonné, de même que le gilet, laissait le ventre à l’aise, laissant apercevoir dans un losange la chemise de travail en gros tissu et une patte avec boutonnière qui était de règle sur ce genre de chemise. Je le vois encore, ainsi vêtu, et chaussé souvent de sabots. Le dimanche où, quand il devait sortir, il délaissait ces vêtements de travail et portait un complet sobre avec une cravate noire faite d'un ruban court et étroit formant un simple noeud.

Autant Alfred était rustique, autant notre grand'mère, Marie, sa seconde épouse, était distinguée. Je n'ai jamais su comment ils se sont connus. Originaire de Rambervillers, en Lorraine, elle parlait de ce pays avec nostalgie. Assez grande, de port altier et digne, elle avait due être très belle. Dans son adolescence, elle travaillait à « l’ouvroir », chez les Soeurs, disait-elle, et elle avait conservé quelques amies de ce temps-là qui, parfois, âgées comme elle, lui rendaient visite. J'admirais ces belles dames du temps jadis qui ramenaient du rosé aux joues très pales habituellement, de ma grand'mère au cours de conversations enjouées si différentes de la réserve et du calme hiératique qu'elle gardait couramment.

Il m'a toujours semblé que « Maman Carlier » était issue d'une « Grande famille », un peu mystique et mystérieuse avec ses arrières plans de couvent et d'ouvroir. Je pense que jamais la communication n'a été par­faite entre elle, que l'on appelait dans sa jeunesse « La belle chanteuse de l'église de Rambervillers » et nous autres. J'entendais dire parfois à la maison qu'elle avait eu de la peine à s'habituer à vivre à Moreuil et qu'elle y avait souvent pleuré. Inconscient de cela, je la faisais trop souvent enrager par mon manque de sagesse et d'obéissance.
Le mariage de Georges Arthur Gardin et de Marie-Louise Charlotte Carlier (Georges et Louise) fut célébré à Moreuil le 28 Décembre 1905. Leur contrat de mariage, reçu le 23 Décembre par Maître Manier, notaire à Moreuil, précisait qu'ils étaient mariés en première noce sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts.

En ce temps là, c'était « la Belle époque ». Un certain Monde menait une vie de luxe et d'oisiveté. L'industrie naissante créait d'immenses fortunes. Le prolétariat se construisait et prenait conscience. Les injustices sociales commençaient d'être ressenties. Les salaires et les prix étaient très bas mais il n'existait aucune protection réelle contre la maladie ou la vieillesse. Certains versaient une faible cotisa­tion à une mutuelle comme « Les Prévoyants de l'Avenir », mais cela était très insuffisant en cas de coup dur. Aussi, nombreux étaient les pauvres, les mendiants et les malheureux. Cependant, une certaine solidarité et des liens familiaux très forts remédiaient en partie à ces misères. La mendicité était chose courante et l'obole, souvent en nature, était rarement refusée aux mains tendues de vieillards résignés, ou d'enfants en haillons de familles malchanceuses ou de parents paresseux ou ivrognes. Quelques riches familles, souvent issues de l'ancienne noblesse, comme celle de la Marquise De Plessis-Bellières qui habitait le château de Moreuil, venaient en aide aux malheureux qui leurs en étaient reconnais­sants, comme cela semblait naturel à l'époque.

Simultanément, les Arts et les Techniques prenaient un prodigieux essor. A Paris, dans un même tourbillon, le music-hall, les peintres, artistes de tous poils, écrivains et poètes, entraînaient la foule des nantis. De fastueuses Expositions émerveillaient le Monde. Alfred Carlier pouvait raconter son voyage, à peine croyable dans sa vie laborieuse, au cours duquel il avait pu découvrir la Tour Eiffel dressée dans le ciel de la « Ville Lumière », près de la « Grande Roue ». Il ne manquait pas de laisser libre cours à son enthousiasme pour la fameuse « Galerie des Machines » où il s'était retrouvé dans son élément!

Avec l'Aviation naissante, mon père, Georges Gardin, toujours passionné pour toutes les innovations, pouvait admirer dans « Le Petit Journal Illustré » les représentations réalistes des étranges machines volantes. Il n'aurait pas imaginé qu'une dizaine d'années après il serait mis à la tête d'une équipe destinée à la réparation des avions de combats engagés dans la guerre 14/18, inquiétants assemblages de bois et de toile, dans un entrelacs de câbles et de tendeurs mus par d'étranges moteurs rotatifs à cylindres montés en étoiles.

De même, ma mère, Louise Carlier, encore jeune fille, était-elle émerveillée par ce voyage, extraordinaire pour l'époque, de Moreuil à Bulles, dans l'Oise, aller et retour, emmitouflée comme il fallait, dans la belle automobile découverte du patron de son père. Bulles, où « Saine Fontaine » s'appelait « Source Napoléon » ; semblait si loin... Et les autos étaient si rares qu’elle n'aurait pu supposer qu'elle posséderait beaucoup plus tard, une rapide et confortable I.D.19 Citroën !
En Province et à Moreuil en particulier, l'Epoque pouvait être Belle... Mais non pas dans la joie artificielle du « French Cancan », ni dans les idées fumeuses du surréalisme, ni dans les fantasmes des Poètes Maudits, mais, malgré le dur labeur quotidien, sans week-ends ni vacances, dans l'ambiance chaleureuse de la campagne Picarde, les gens étant proches les uns des autres et leurs désirs raisonnables. On travaillait jusque seize heures par jour, mais on avait goût au travail et on déjeunait avec deux sous de pâté de porc.
Et, en définitive, pour les jeunes mariés, Georges avec sa moustache bien tirée, Louise bien serrée dans sa guêpière qui l'étripe, oui, sûrement, en ce beau jour du 28 Décembre 1905, pour eux deux, ce devait être « La Belle Epoque »!

Début du récit de Jean Gardin commencé en 1973

Georges Arthur Gardin naquit à Sainte Catherine les Arras (Pas de Calais) le 24 Février 1880; Son épouse, Marie-louise, (dite Louise) Carlier vit le jour le 8 Septembre 1884 à Moreuil (Somme) Ce furent mon père et ma mère.


La famille Gardin semble originaire du Nord de la France. On rencontre encore, dans cette région, un certain nombre de familles portant ce nom, mais il ne parait pas que nous soyons apparentés avec elles. Même en remontant aux plus lointains souvenirs de ma prime enfance, je ne trouve guère d'indications sur notre famille avant sa venue à Moreuil. J'entendais bien parler de l'Oncle d'Arras, directeur d'un journal régional, de l'Oncle Picoche, qui devait occuper une fonction dans un établissement d'enseignement libre, de deux cousines, la mère et la fille, malades et presque nécessiteuses, et qui, entre les deux guerres, habitaient rue des deux gares (Nord et Est) à Paris où mes parents leur rendait de rares visites. J'ai connu la Cousine Herminie qui, après la guerre de 14/18, j'ignore à la suite de quels avatars, débarqua à Saint just en chaussée dans l'embarras de l'installation de mes parents sinistrés, avec sa gouvernante, Mademoiselle Marie, qui soignait ses perpétuelles migraines (contestées par mon père) avec des "mouches d'opium" collées sur la tempe, ce qui remplissait d'une craintive stupéfaction le jeune garçon que j'étais alors.

Du coté de ma mère, les Carlier étaient nouveaux venus à Moreuil, mais il m'est peut-être plus facile d'en retrouver les antécédents, car j'ai connu et je connais encore, chez eux, beaucoup de parenté que nous retrouverons plus loin.

A la fin du dix-neuvième siècle, Troyes était incontestablement la grande et presque unique capitale de la bonneterie en France quand se fonda à Moreuil une importante industrie bonnetière qui mit bientôt cette petite ville en concurrence avec Troyes. Les besoins de main d'oeuvre qualifiée conduisirent les industriels à amener avec eux ou à débaucher des ouvriers troyens en leur proposant sans doute des conditions avantageuses, et qui se fixèrent ainsi à Moreuil. Parmi eux, mon grand-père Alfred Carlier, accompagné de son épouse, Marie Clément, n'était pas un ouvrier quelconque. C'était un mécanicien bonnetier, spécialiste de ces « Métiers » complexes et délicats qui, rectilignes ou circulaires, unis ou « Jacquard », tricotaient mécaniquement et rapidement la « Maille », base de toute la bonneterie. Comme ses connaissances étaient grandes, les fabriques qui se montaient, se disputaient sa collaboration.
Il était passionné par son métier et j'ai été longtemps bercé par les récits des anecdotes et des avatars de sa profession. Il y avait, entre autres, l'his­toire de l'industriel trop pressé qui faisant fi des conseils de mon grand-père, fit sauter toutes les machines de l'usine en la mettant en marche avant que les scellements ne soient assez pris... Dans un coin de la forge de mon grand-père, se trouvait un vérin puissant qui, disait-on, avait servi à soulever l'Usine Bouly dont les fondations s'étaient affaissées; Et moi, pensif, je me représentais naïvement l'usine s'élevant dans les airs, élevée par ce vérin pourtant peu impressionnant... D'autres fois, je riais avec les grandes personnes de la maladresse d'un ouvrier dont la fausse manoeuvre avait « bouzillé » la « Fonture" et massacré toutes les aiguilles. Souvent, avec des camarades, je jouais à mettre bouts à bouts les bobinettes coniques de carton, jetées au rebut après emploi et qui formaient de longues et fragiles perches vite cassées.

Une grande partie de la famille Carlier continuait à vivre et travailler à Troyes et, comme elle était nombreuse et active, nous en retrouverons des membres au cours de notre chronique.